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Interview : Le Leadership selon Bertrand Gille et Eric L’Hôte


 
 
 
 
 

Transposer les clés de réussite du monde du sport à celui de l’entreprise est une solution vers laquelle du plus en plus d’entreprises se tournent pour développer de nouveaux leviers de motivation et inspirer ses employés pour devenir de vrais leaders. Parce que nous croyons fermement aux retombées positives que ces interventions engendrent, nous proposons en partenariat avec le Chambéry Savoie Handball des formations à destination des entreprises. En binôme avec un expert ODBI, de grands champions, aux palmarès olympiques, mondiaux et nationaux, vous livreront leurs conseils sur différentes thématiques : Leadership, intelligence collective ou encore management.

 

Pour comprendre les passerelles qui existent entre le sport et l’entreprise, chacun d’entre eux (joueurs du CSH et experts ODBI) nous ont accordé une interview…

 

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Intervenant : Eric l’Hôte, expert ODBI et Bertrand Gille, pivot du CSH

 

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Eric L’Hôte, Consultant ODBI

ODBI : Quelles sont les qualités semblables que doit posséder un leader sportif et un leader d’entreprise ?

 

Bertrand Gille : Les qualités que doivent posséder ces deux catégories de personnes sont étonnamment semblables. Elle fédèrent, font le lien, sont dépositaires des projets collectifs, et sont reconnues pour leurs compétences techniques spécifiques et humaines. De plus ces personnes sont capables d’optimiser les performances de leurs collaborateurs grâce à leur grande capacité de communication, la maîtrise de leurs émotions, et la dimension visionnaire qu’elles impriment à leurs équipes.

 

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Eric L’Hôte : La capacité à construire et à partager une vision pour laquelle les membres de l’équipe s’engagent est commune au leader sportif et au leader d’entreprise. C’est autour de ce sens que les actions prennent corps et que les personnes se positionnent, apportent leurs talents et se mobilisent. Les deux leaders savent également créer les conditions d’une pleine expression des motivations individuelles tout en assurant le fonctionnement du collectif. Ils font en sorte que les objectifs spécifiques, que les règles de vie commune, que les ressources disponibles soient à la fois en cohérence entre eux et avec la vision mais aussi soient intégrés par chacun des membres.

ODBI : Selon vous, qu’est ce qui fait aujourd’hui un bon leader ?

 

Bertrand Gille : Un bon leader est tout d’abord quelqu’un que l’on suit (cqfd !), mais je ne crois pas à un homme providentiel qui accumule à lui seul toutes les qualités requises aux multiples définitions que l’on peut trouver d’un leader. Je pense qu’un bon leader est celui qui sait déléguer de manière pertinente, qui sait responsabiliser les autres sans jamais oublier de se remettre en question, et qui fait preuve d’une intégrité morale sans faille.

 

Eric L’Hôte : Le « bon » leader est pour moi celui qui est suivi pour les qualités que cite Bertrand et aussi pour avoir su détecter des signaux pertinents dans l’environnement et proposer des buts cohérents avec ces signaux et avec la situation de l’entreprise dans ses différentes composantes. Il sait s’appuyer sur l’intelligence collective pour déployer les buts stratégiques.

ODBI : La pression qu’un leader d’entreprise peut ressentir a-t-elle des similitudes avec celle d’un sportif ? Quels conseils pourriez-vous donner pour la gérer ?

 

Bertrand Gille : La pression du résultat est une constante de toute performance. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire… Donc pour répondre à votre question, il me semble évident que les contraintes diverses et variées qui impactent directement la performance sont des paramètres que tout bon leader doit savoir appréhender et gérer de manière saine pour lui et ses collaborateurs. Le conseil que je pourrais donner fait directement allusion à une expérience vécue. Il y a toujours un après. Et la défaite comme la victoire sont de très grandes menteuses. Être capable de prendre du recul en toutes circonstances, qu’elles soient grisantes ou déprimantes, et essayer de remonter le fil des actions et des décisions qui ont amené le résultat pour se soustraire de la dimension émotionnelle qui accompagne systématiquement une évaluation, de quelque nature soit-elle.

 

Eric L’Hôte : La pression est stimulante lorsqu’elle est une tension vers un objectif. Elle peut devenir inhibitrice en cas d’excès, ou subie lorsque l’on est pris comme dans un engrenage. Dans tous les cas, il convient de se ménager des espaces « sans pression » pour prendre du recul, faire le point sur le chemin parcouru, sur les résultats obtenus, sur sa propre pratique et pour dégager les voies des prochaines étapes. De façon très concrète, réserver deux heures minimum par semaine dans son agenda à cette prise de recul.

ODBI : Comme pour le monde du sport, le leader d’entreprise se doit de toujours motiver ses collègues pour améliorer ses performances. Comment peut-il y parvenir ?

 

Bertrand Gille : La motivation est une notion qui intéresse au plus haut point le monde de l’entreprise, car ce phénomène parfois difficilement explicable ne fait pas partie des constantes du monde de l’entreprise. Or, dans le monde sportif, au plus haut niveau, tous les athlètes ont consenti tellement d’efforts et d’abnégation, qui traduisent un niveau d’implication dont peu de collaborateurs d’entreprises peuvent se targuer. Il faut faire le distinguo entre la motivation intrinsèque et la motivation extrinsèque. Celle qui vient de moi : pourquoi j’ai envie de faire ce que je fais et pourquoi j’ai envie d’accomplir ma tâche de la meilleure manière qui soit. Celle provenant de paramètres extérieurs, comme l’argent, ou l’idée de devoir faire quelque chose pour quelque chose ou quelqu’un qui n’est pas moi.

Je crois que la clé de la motivation réside dans le degré d’implication des collaborateurs. Plus ils seront responsabilisés, plus ils seront dépositaires d’un pouvoir de prise de décision, plus ils s’impliqueront. Cela aura pour effet une transformation de la nature même de leur motivation. Ils ne feront plus ce qu’ils font parce que on leur a ordonné, (motivation extrinsèque voire coercition) mais pour eux (intrinsèque), car la tâche deviendra leur carburant propre. Ils existent par eux même pour eux même dans un système gagnant / gagnant  où, valorisés, ils s’affranchissent des contraintes  extérieures pour devenir plus performants de manière plus pérenne.

 

Eric L’Hôte : J’entends que le monde du sport applique d’excellents angles de vue sur cette question centrale de la motivation ! J’ai l’habitude de dire qu’il est beaucoup plus facile de démotiver que de motiver. Et j’ajoute généralement que l’on ne motive pas une personne, on crée les conditions pour que sa motivation s’exprime. Ces conditions tiennent effectivement en quelques points clés : laisser l’autonomie suffisante pour que les personnes construisent leur sens dans ce qu’elles ont à réaliser, leur permettre d’utiliser leurs compétences et de se développer, leur donner régulièrement un feed-back constructif.

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Credit photo M.VOSKRESENSKY/REUTEURS